mardi 27 octobre 2015

TOUCHE PAS À MON BACON!



Je vais vous raconter une petite histoire. Il y a une dizaine d’années, alors que je travaillais comme chroniqueur dans une grande radio espagnole, j’avais flashé sur la secrétaire du service des sports. Une petite brune sympa. En bon français, je n’imaginais pas limiter ma tentative de séduction à deux ou trois balivernes autour d’une bière en sortant de la station. Non, j’avais prévu le grand jeu. C’est à dire un dîner à la “Gastroteca”, fabuleux restaurant tenu par un couple franco-espagnol déjanté. Arturo (lui) était en salle et Stéphane (elle) en cuisine. 
Arturo se voulait très soucieux de la qualité de ses produits et se plaisait à garantir publiquement la “virginité” de ses raies (je vous laisse découvrir la légende sur les marins et ce poisson à cartilage). 
Bref, un endroit qui frisait souvent le surréalisme. J’avais donc emmené cette brunette dans mon antre gastronomique. Elle ne connaissait pas le champagne rosé. 
Tout heureux de lui faire découvrir cette merveille, j’attendais bien entendu une réaction d’extase de sa part. Je n’eus droit qu’à un triste: “C’est doux comme goût”. Elle ne but qu’une gorgée durant tout le repas… 
Puis vint l’entrée: Un oeuf préparé à la manière de Michel Guérard (immense chef) pour le dîner de mille personnes à l’occasion des milles ans de la Perse. Une de ces saveurs qui sont, selon moi, une preuve de l’existence de Dieu. Cette petite conne me lança “Ah non, je ne mange rien qui provienne de la poule”.
Tout le reste du dîner fut du même acabit. Elle n’aimait rien, ne profitait de rien. Plus la soirée avançait et plus je la trouvais moche. Elle eut toutefois l’amabilité de me ramener en voiture. En bas de chez moi, tout en la regardant droit dans les yeux, je lui dis: “J’imagine que tu ne baises pas non plus…”. 
Et je remontai chez moi, le “cœur en déroute et la bite sous le bras” comme le chanta Jacques Brel. Je ne l’ai jamais revu. Mais ce lundi, en écoutant parler du fameux rapport sur la bouffe, je me suis fais cette réflexion: “En fait, l’OMS est semblable à cette fille”.

lundi 28 septembre 2015

LES SÉPARATISTES CATALANS ONT PERDU LEUR PARI




Face à toutes les conneries qui se disent et s’écrivent hors d’Espagne, je vais me permettre une petite explication simple et claire sur les résultats des élections catalanes.

Oui, comme prévu, les séparatistes ont remporté les élections comme c’était le cas en 2012 mais ils n’ont pas atteint leur objectif.

Artur Mas (droite libérale), actuel président de la Catalogne, avait avancé les élections régionales pour en faire une sorte de référendum sur l’indépendance. Il espérait un plébiscite en faveur des séparatistes qui lui aurait, selon lui, donné la légitimité démocratique pour déclarer de manière unilatérale l’indépendance de le Catalogne. Si une majorité de Catalans avaient voté pour les partis séparatistes, Artur Mas aurait pu dire: “Le peuple veut l’indépendance. Le processus de séparation est inéluctable”.

Seulement voilà… les partis prônant l’indépendance n’ont recueilli que 48% des voix et ceux opposés à l’indépendance 52%!

Mas a remporté les élections mais a perdu son “référendum”. Comment peut-il dire que le peuple catalan veut l’indépendance si la majorité a voté contre?

De plus, sa liste d’union avec ERC (gauche indépendantiste), qui se présentait sous le nom “Ensemble pour le Oui”, perd neuf sièges par rapport aux dernières élections et n’obtient pas la majorité absolue des sièges au parlement.

Pour pouvoir atteindre cette majorité absolue et former le gouvernement, Mas a besoin du soutien de la CUP, parti d’extrême gauche, anti-capitaliste, qui prône par exemple la fin de la propriété privée. En gros, c’est comme si Sarkozy avait besoin des voix de Mélenchon ou de Besancenot pour être élu président!!!

Artur Mas, qui n’est donc même pas assuré de pouvoir être réélu président de la Catalogne, a raté son pari. La majorité des votants est contre la séparation d’avec l’Espagne. 

Le spectre de l’indépendance s’éloigne.

mardi 11 mars 2014

TU T’APPELAIS MARION SUBERVIELLE ET TU AIMAIS L’ESPAGNE


Marion,

Je ne te connaissais pas et tu ne me connaissais pas. Mais ton nom restera à jamais gravé dans ma mémoire. Il y a dix ans, des terroristes islamistes liés à Al-Qaïda t’ont assassiné dans un train qui te menait à ton travail à la bibliothèque nationale espagnole. Tu es la seule victime française des attentats du 11 mars 2004 et en ce jour du souvenir je pense à toi. Comme je le fais souvent. Tous les compatriotes qui, comme moi, aiment Madrid, aiment l’Espagne, et ont choisi de vivre ici se reconnaissent en toi. Tu étais l’une des nôtres. Tu seras toujours l’une des nôtres. Tu avais un fiancé espagnol que tu allais épouser, tu avais une petite fille, Inés, qui aura bientôt onze ans. Une petite franco-espagnole… 

Quand les bombes ont explosé, j’ai vécu pendant trois jours presque sans émotion, essayant de faire mon travail de journaliste pour RMC. De raconter ce que je voyais, ce qui se passait dans ce pays défiguré par la haine terroriste. Je me souviens avoir expliqué sur les ondes, dans la matinale, combien j’avais été choqué par le silence qui s’était abattu sur Madrid ce jour-là. Ma ville toujours bruyante et excitée était devenue muette de douleur. Comme paralysée par tant de blessures. Ce n’est que le dimanche 14 mars que j’ai vu ton nom apparaître sur une liste qui défilait à la télé: Marion Subervielle. Et j’ai éclaté en sanglots, moi qui ne te connaissais pas.
 
Marion, nous ne t’oublierons jamais. Je ne t’oublierai jamais.

lundi 3 février 2014

J'ÉCRIS PARCE QUE JE T'ATTENDS

J’écris parce que je t’attends,
Toi qui ne sais pas encore,
Ou qui sait déjà trop.
J’écris pour apprendre le temps.

J’écris parce que je t’attends,
Dans la douceur de l’espérance,
Dans la douleur de cette enfance.
J’écris pour comprendre le temps.

J’écris parce que je t’attends,
Parce que je n’ai pas le choix,
Parce qu’il n’y a que toi,
J’écris pour aimer le temps.

mercredi 29 mai 2013

NE PLUS PARLER DU MARIAGE GAY

Ce 29 mai restera comme une date historique pour notre république. La mariage de deux hommes qui s’aiment, Bruno et Vincent, dans la jolie ville de Montpellier (capitale de la France pour un jour), a été la plus belle réponse à celles et ceux qui annoncent une catastrophe interplanétaire, un irrémédiable changement de civilisation. Malgré le tapage médiatique et les nécessaires mesures de sécurité (les menaces étaient réelles), nous avons pu assister à une cérémonie finalement très banale et très rassurante pour ceux qui mettent la famille au cœur de la société. Oui mesdames, mesdemoiselles et messieurs les mal nommés “veilleurs”, un mariage gay ce sont aussi des parents, des frères, des sœurs, des beau-frères, des belles-sœurs, des enfants, des neveux et nièces qui ont la larme à l’œil face à la matérialisation officielle de l’union de deux personnes qui s’aiment et qui veulent partager leurs vies. Des gens endimanchés, des grands chapeaux et un bébé qui braille. En regardant cette cérémonie à la télé, j’ai ressenti la même émotion et suis arrivé aux mêmes conclusions qu’il y a sept ans quand un de mes amis les plus proches m’avait fait l’honneur de me demander d’être son témoin à son “union civile” avec son fiancé en Angleterre. Les deux familles et les amis étaient aux anges. Et moi le premier.
Voilà pourquoi il serait bon aujourd’hui de ne plus parler du mariage pour tous. Que ce droit devienne banal, normal, évident. Comme c’est le cas en Espagne, ce pays que je connais si bien. Là-bas aussi la loi avait provoqué des manifestations et des débats enflammés. Désormais, plus personne ne s’interroge. Et c’est tant mieux. Alors faisons de même: vivons et laissons vivre, aimons et laissons aimer.

jeudi 23 mai 2013

QUELQUES MINUTES AVEC MOUSTAKI

Le métier de journaliste est très souvent pénible, frustrant et dérisoire. Mais il offre aussi des moments de magie inoubliables. Il y a une quinzaine d’années, alors que j’étais correspondant à Madrid du (regretté) journal “France Soir", j’ai eu l’immense privilège d’interviewer Georges Moustaki juste avant un concert dans une petite salle de la capitale espagnole. “Pourquoi vivez-vous à Madrid?” m’avait-il demandé. “Parce que j’en ai rêvé” lui avais-je alors répondu avec l’audace de celui qui ne réalise pas vraiment ce qu’il est en train de vivre. “Et bien moi j’ai eu la même chose avec Paris” m’expliqua Moustaki avec une tendresse et une gentillesse qui me donnent encore aujourd'hui des frissons de reconnaissance. Tout en prenant rapidement un morceau de jambon sous les yeux grondeurs de son assistante. “Les docteurs me l’interdisent” lança-t-il dans un sourire.
Après l’annonce de son décès, ce 23 mai 2013, je ne peux que sentir de la gratitude pour avoir donné quelques minutes de bonheur au petit journaliste mais, surtout, pour m’avoir, pour nous avoir, aider à vivre dans le plus beau sens du terme. Monsieur Moustaki est parti mais ses chansons resteront à jamais un rempart contre la haine, la connerie et la bassesse. Je sais que beaucoup de ceux et celles qui me suivent sur les réseaux sociaux sont jeunes et n’ont peut être pas pris la mesure de ce que représente la disparition d’une telle figure de la culture française et universelle. Alors je vous en prie, profitez de la vague médiatique qui entoure  la mort du poète pour découvrir les chansons de Moustaki. Vous comprendrez ainsi le bonheur de “trahir sa liberté pour une prison d’amour et sa belle geôlière” et que, quoiqu'il arrive, on est “jamais seul avec sa solitude…”

mercredi 24 avril 2013

MON ÉGLISE ME FAIT HONTE

J’ai tout connu dans l’Eglise. Je suis baptisé, j’ai fait la petite et la grande communion, je suis confirmé, j’ai été enfant de cœur, animateur de groupes de jeunes catholiques et même catéchèse durant mes années universitaires. Je vais régulièrement en pèlerinage en Terre Sainte. Et mon Église me fait honte. Cette Église qui hurle contre l’amour et qui se “couche” devant une folle peroxydée autrefois connue pour chanter “Fais-moi l’amour avec deux doigts”. J’ai toujours aimé les blagues de cul mais, sincèrement, celle-là je ne la trouve pas drôle du tout. On est quand même un peu loin de la poésie de la Bible et de son “Cantique des cantiques” (Nous nous égaierons, nous nous réjouirons à cause de toi; Nous célébrerons ton amour plus que le vin. C’est avec raison que l’on t’aime…)  
Nombreux sont les Catholiques qui tentent de se démarquer et appuient le mariage pour tous, notamment au travers de ce bel hashtag sur twitter #CathoDoncPour. Mais ils sont inaudibles. La faute à l’Église qui les étouffe, la faute aux médias qui ne les regardent pas tant ils sortent des clous de l’idée que notre société se fait des croyants. Et tel un serpent qui se mord la queue l’ultra présence des ultras catholiques bétonnent un peu plus l’image insupportable d’un peuple chrétien monolithique calqué sur la famille Duquesnois de “La vie est un long fleuve tranquille”. Ces manifestations indignes ont souligné deux défaites: celle des catholiques extrémistes et celle des catholiques progressistes, amis de l’amour et de la République. Quelle misère…